5 raisons pour lesquelles les outils de surcouche d’accessibilité ne sont pas une solution miracle

Qu’il s’agisse d’une obligation légale ou d’une préoccupation morale, la nécessité de rendre votre patrimoine numérique plus accessible vous pousse à vous interroger sur ces outils de surcouche d’accessibilité qui conquièrent depuis quelques années l’espace numérique. Mais savez-vous vraiment comment ces derniers fonctionnent et quelles en sont leurs limites ? Que faut-il exactement en attendre ? Nous vous en disons plus dans cet article.

La surcouche d’accessibilité, c’est quoi exactement ?

Les surcouches d’accessibilité sont des outils proposant aux internautes qui en ont le besoin diverses options pour apporter des modifications à l’affichage du site. Augmentation de la taille des polices et de l’interlignage, suppression de la justification du texte, inversion des contrastes de couleurs… Vous l’aurez compris, les possibilités sont multiples et permettent d’adresser plusieurs types de handicap.

La popularité dont bénéficient aujourd’hui ces solutions s’explique principalement en raison de leur facilité d’implantation. En effet, installées comme un module par le gestionnaire du site, elles ne modifient généralement ce dernier qu’au niveau du navigateur, sans toucher à son code.

Chez Access First, nous ne pouvons qu’encourager ces initiatives visant à rendre l’espace numérique plus inclusif et considérons que les solutions d’accessibilité Web constituent une bonne alternative temporaire dans l’attente d’une démarche globale de mise en accessibilité. Cependant, nous mettons en garde sur la façon dont ces dernières sont promues dans le discours marketing. En effet, le plus souvent vendues comme des solutions miracles rendant un site Web entièrement accessible en un clic, les surcouches d’accessibilité ne sont en vérité pas la réponse pour atteindre la conformité.  

Des solutions partielles aux multiples limites

1. Une accessibilité incomplète

Si les solutions d’accessibilité Web proposent une alternative aux problèmes d’affichage, elles laissent de côté tous les obstacles inhérents à l’accessibilité, tels qu’un texte alternatif manquant, un étiquetage inapproprié, un sous-titrage vidéo oublié ou encore un accès au clavier inexistant. Il est évident que quelques lignes de code ne peuvent pas résoudre des manquements structurels comme par magie. Ainsi, tant les utilisateurs non-voyants que malentendants ne tireront aucun bénéfice de ces surcouches d’accessibilité. Dans certains cas, ces dernières peuvent même ajouter de nouveaux problèmes d’accessibilité à votre site lorsqu’elles sont mal paramétrées.

2. Un manque d’ergonomie problématique

Aujourd’hui, les outils de surcouche d’accessibilité se comptent par dizaines. Or, il est à savoir que chacun d’entre eux se caractérise par des modes de présentation et de fonctionnement bien distincts. Recherche du bouton sur la page, apprentissage de l’outil, configuration en fonction de son type de handicap… Ainsi, l’utilisation d’une surcouche d’accessibilité peut vite devenir un vrai parcours du combattant pour des personnes qui, au contraire, cherchent à simplifier leur expérience numérique.

3. Un gaspillage de ressources et de temps

Du côté de votre entreprise, ces outils auront tendance à donner à votre équipe de développement Web un faux sentiment de sécurité, plutôt que de l’encourager à acquérir de précieuses compétences en matière d’accessibilité. En plus de consommer inutilement des ressources financières, vous ne faites que retarder les inévitables correctifs qui devront un jour ou l’autre être apportés. Car non, les surcouches d’accessibilité numérique ne vous placent pas en conformité avec la loi.

4. Une audience et une utilité réduites

Votre site Web n’est pas le premier qu’un utilisateur en situation de handicap visite. A plus forte raison, cet utilisateur aura au préalable allumé son ordinateur, utilisé le système d’exploitation, trouvé le navigateur et fait une recherche par ses propres moyens. Si les solutions d’accessibilité numérique peuvent présenter un certain intérêt pour une petite minorité, de nombreuses personnes à besoins spécifiques disposent déjà de technologies d’assistance et d’extensions adaptées. En bref, un internaute avec un handicap préférera toujours un site Web nativement accessible plutôt que des outils de surcouches d’accessibilité qui ne feront que dupliquer des fonctionnalités dont ils disposent déjà.

5. Une remise en question de la protection des données personnelles

Enfin, ces modules peuvent être volontairement laissés de côté, voire même bloqués, par la minorité qui pourrait éventuellement en avoir besoin en raison de leur manquement au respect de la vie privée. En effet, pour pouvoir utiliser un outil de surcouche d’accessibilité, il est demandé à la personne de partager le nom de la maladie ou du handicap dont elle est atteinte. Or, qui sait ce que deviennent ensuite ces données personnelles ? Le RGPD est-il toujours respecté par tous les outils de surcouche ? Pour conserver son anonymat et ne pas faire l’objet d’un traitement différencié sur le Web, l’utilisateur peut donc avoir tendance à contourner ces solutions.

Maladie de Parkinson, sclérose en plaques, arthrose, cataracte, dyslexie, malvoyance.
Exemple de profil à remplir sur un outil de surcouche d’accessibilité

Des outils qui ne remplaceront jamais un site Web ou une application mobile nativement accessibles

Mais alors, si ces solutions ne sont pas la réponse, que pouvez-vous faire pour vous placer en conformité avec la loi, mais aussi et surtout pour favoriser l’inclusion des personnes en situation de handicap ?

Si vous souhaitez agir sur un site Web déjà existant, n’hésitez pas à faire réaliser un audit RGAA afin d’évaluer l’accessibilité de votre support et obtenir un rapport détaillé sur les correctifs à apporter. Vous pouvez également demander conseil à nos experts et expertes Access First pour une assistance à la rédaction de votre schéma pluriannuel d’accessibilité conformément à la loi de 2005.

Si vous êtes sur le point de réaliser un site Web ou une application mobile, une démarche d’accompagnement s’impose afin de prendre en compte l’accessibilité numérique à toutes les étapes de votre projet et atteindre la conformité.

Enfin, vous pouvez également former vos équipes pour qu’à l’avenir, ces dernières puissent gérer en toute autonomie l’accessibilité de votre patrimoine numérique. C’est d’ailleurs le choix qui a été fait par Lumni Enseignement, qui, depuis 2020, conserve un excellent niveau de conformité en interne.

J’aimerais être conseillé.e sur mon projet d’accessibilité numérique

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